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Tribune de Jean Claude Villemain

Mardi 1 Septembre 2020


Les coucous n’ont pas de mémoire.
Le week end passé, le PS organisait sa rentrée politique sous le titre : « la Gauche d’après ». Depuis 2017, c’est la première fois que la flamme de l’espoir ne vacille pas, bien au contraire. L’élection de Macron et son double langage « en même temps » nous avaient rendu totalement inaudibles, complexés. Nous n’avions d’autre solution avec nos 6% que de nous replier sur nos territoires et faire le gros dos…
Nos résultats aux élections entre 2017 et 2020, ne sont pas dus qu’à l’action de Macron. Ils découlent d’au moins 2 facteurs. Le premier ce sont les dissensions internes au PS, à la sociale démocratie et leurs différents courants/écuries pris dans des forces centripètes. Le second, c’est la gestion politique et économique du dernier quinquennat. Durant celui-ci, nous avons tourné le dos aux Françaises et aux Français qui avaient le plus besoin de nous, celles et ceux qui attendaient beaucoup de nous. Nous les avons déçus et ils se sont tournés vers les démagogues et autres populistes.
En 5 ans nous avons anéanti plus de 30 ans de résultats positifs, de conquêtes sociales. A l’aube du quinquennat de F Hollande, nous étions aux commandes de toutes les institutions de la République, nous avions la présidence de pratiquement toutes les régions, de la majorité des départements, des grandes et moyennes villes. Pris dans cette ivresse du pouvoir nous avons confondu partenariat et hégémonie, débat et combat. Nous avions « l’orgueil de celui qui est le plus fort ». Pauvre colosse aux pieds d’argile qui a négligé ses partenaires. Ceux-ci nous ont renvoyé l’ascenseur après 2017.
Depuis la direction du PS, à partir d’un droit d’inventaire et d’une analyse fine de la situation politique et de ses causes, a mis en place une stratégie de refondation et de rassemblement de la gauche. Cette stratégie a été payante lors des dernières élections municipales puisque nous avons gardé nos positions mais avec nos alliés nous avons pu gagner nombre de villes importantes. Nous avons commencé à montrer collectivement que le chemin, celui du rassemblement est possible.
Alors que nous aurions pu continuer à montrer, à travailler notre unité, certains, lors de cette rentrée politique ont profité de l’évènement pour s’afficher, le parasiter, ont voulu faire parler d’eux profitant tel le coucou du nid des autres oiseaux. Ceux-là même qui parlent d’erreur de stratégie de la part de la direction actuelle du PS, se souviennent-ils des erreurs stratégiques quand ils étaient au gouvernement ? mais ces gens-là, dans leur rhétorique n’ont que les mots du passé. Ces mêmes mots qui sont responsables de tous nos maux actuels. Ont-ils oublié que ce sont eux et leurs mots qui nous ont menés à la défaite des présidentielles, des législatives, des régionales et des départementales. Ont-ils oublié que ceux sont eux qui nous ont amenés au désastre ? Ils ont oublié qu’au pouvoir, ils avaient oublié les valeurs socialistes et celles de la sociale démocratie dont ils se réclament aujourd’hui. Ils avaient rangé soigneusement dans la boîte à oubli le projet des présidentielles 2012 ; je me rappelle des conseils nationaux où eux seuls avaient raison, l’heure n’était jamais à la critique mais à l’acceptation, ceux-là même souhaitaient un parti godillot mais ce n’était plus la mode.
Ceux là même qui jouent les coucous et profitent du travail du parti, ceux-là même qui espèrent un rassemblement de la gauche mais autour d’eux, un genre de cercle dont ils sont le centre, une espèce d’égocentrisme, devraient faire preuve de modestie politique, de prudence stratégique, de réflexion idéologique et pourquoi pas d’introspection voire d’autocritique.
Il n’est plus temps qu’ils nous donnent des leçons. Surtout que les droites conservatrice et néolibérale ont retrouvé leur credo et leurs chantres : sécurité sur fond de racisme, défenses des classes dominantes, laisser faire économique, dérégulation, démolition de notre système social qui pour elles est un coût et non une avancée, une protection des plus faibles, un vecteur d’unité nationale. Au même moment les coucous interprètent le solo néfaste de la désunion.
Nous devons, au PS, toujours, partout continuer à
- prôner nos valeurs, socialistes et sociales démocrates et écologiques.
- défendre l’idée même du rassemblement non pas autour de mais avec.
- d’accepter nos différences ce sont nos richesses, nos forces.
Qu’il ne peut y avoir d’alternative à gauche sans un PS fort, créateur d’avenir, promoteur d’un projet cela est une évidence mais unis aux autres forces de gauche et écologiste, nous serons encore plus forts ensemble, que notre projet soit partagé il n’en sera que mieux accepté.
Cette stratégie nous l’avons mise en œuvre à Creil lors des municipales et contre les mauvais augures, nous avons gardé la ville à Gauche, continuant ainsi l’œuvre de Jules Uhry, 1er maire socialiste creillois en 1919.
Mes amis, l’union est un combat mais d’abord un combat contre soi-même, la désunion est un renoncement ; l’union est avenir, la désunion est passé.